Beñat ETCHEBEST
« Parce que je le vaux bien ! », selon l’Oréal. Individualisme, consumérisme, isolement rampant. Le pot de crème nous coûte cher ! Notre quotidien est illuminé de flashes. Réussite professionnelle. Rentabilité. Utilité. Fin de mois. Fin du monde. Rolex. Nike. Cadre. Chef. Toit pointu. Belle clôture. Voyages. … et moi ? Ai-je la légitimité de dire, de proposer, de faire ? Temps perdu ? A qui en parler ? Ils vont en rire, non ? Je leur ferai perdre du temps, ils sont trop importants.
Une question: Qui porte notre vie collective? Qui investit la place publique? Qui conçoit le projet?
Des individualités, femmes, hommes, issues d’une génération spontanée ? Ce n’est pas sûr !
De l’après seconde guerre mondiale aux années 1980, un cadre de formation permanente existe. Le projet partagé : Nourrir la population et relancer l’industrie.
Puis vient : « Vivre et travailler au pays », qui porte le projet d’une jeunesse en Pays Basque.
Cette formation permanente est portée par l’aile progressiste d’une Eglise alors bien présente dans nos cités. Les JAC, JOC, JEC (Jeunesse Agricole, Ouvrière ou Etudiante, Chrétienne), sont les jardiniers de nos terres fertiles. Rassembler, réfléchir, donner la parole. « Voir, Juger (Analyser), Agir !» est le pendant du « Je le vaux bien ! » d’aujourd’hui.
Nombre de nos décideurs sont les héritiers de cette période.
Années 80, arrive la génération « Y » comme « Why ? », ou « Pourquoi ? ». Elle cherche du sens. C’est la première génération interconnectée. L’information circule à tout va. Les jeunes en savent enfin, presque, plus que les vieux !
Une question à cette génération : acceptez-vous le témoin que l’on vous tend ?
Why ?
Changement climatique, déclassement social, dangers sur notre sécurité alimentaire et nos logements, appauvrissement massif de la faune, incapacité à nous occuper de nos anciens. Why ?
Voir : Regardons ensemble. Sommes-nous d’accord sur les évidences ?
Juger : Oui, non, peut-être. Analysons la situation.
Agir : Nous avons l’âge de faire.
Nous sommes plus riches que ne le seront nos enfants.
Ce que nous pourrions lancer, ils n’auront certainement pas les moyens de le faire.
Il nous faut mobiliser les moyens humains pour une éducation populaire de notre jeunesse.
Formons les mobilisateurs, les créatifs, les poils à gratter, les consensuels, les agités, les faiseurs, les arrangeants et les dérangeants, les visionnaires, les diplomates, les gestionnaires de demain.
Formons les créateurs d’un projet inconnu.
Formons à l’échelle de nos villages et nos cantons.
Formons nos futurs journalistes, femmes politiques et maçons sans béton.
Ne laissons pas le monde marchand avaler l’énergie de la jeunesse de notre territoire.
Il est temps. Elle nous est encore connectée.
Who ?
Autour de nous, qui aurait la légitimité d’impulser un programme d’éducation populaire ?
Un groupe de personnes sensibilisées ? Un maillage d’associations ? Une collectivité ?
Action structurante en vue. Le défi est de taille.
Jeunes, moins jeunes, vous seriez intéressés par une rencontre sur le thème ?
Merci de vous faire connaître sur ce mail : [email protected] , ou par SMS 06.08.64.79.27.